Bruno Rousseaud Encodage
Vernissage jeudi 18 novembre de 14h00 à 22h00
Exposition du 18 novembre au 18 décembre 2021
Ouvert jeudi, vendredi, samedi de 14h00 à 19h00 et sur rendez-vous
Le soir du vernissage, une œuvre musicale sera créée et interprétée par le guitariste Laurent Bezert en écho à la pièce Alive or Alone

Encodage
Du monde bien huilé de l’automobile et de la culture underground dans lequel Bruno Rousseaud puise ressources et matériaux émergent divers langages : langage du corps avec la série « Talon pointe », 2021, où le rythme frénétique des pieds contre pédale s’apparente à de véritables tracés chorégraphiques ; langage Braille délivré par le jeu d’alternance des 17 phares de Alive or Alone, 2021 ; langage cunéiforme des leviers de vitesse pyrogravés des « Gesture Scars », 2021. Et surtout langage métaphorique distillant Just Wait for the End, série des « Crownless King », 2020).
L'encodage est le processus par lequel certains signaux du code sont choisis et introduits dans le canal. Ces signaux sont transmis par la forme, quête essentielle à Bruno Rousseaud qui soigne et polit chaque détail, d’une craquelure de chambre à air à la couleur des rustines. L’encodage est aussi la capacité d’acquérir de nouvelles informations en provenance de nos sens : la vue, l’ouïe, le toucher, l’odorat, le goût. Traitées pour être mises en mémoire, ces informations sensorielles rejaillissent au travers des œuvres réunies par Bruno Rousseaud dans ce nouvel opus où rien n’est laissé au hasard. Chaque œuvre est pensée dans un tout solidaire et orchestré autour de My Own Divergent Contradiction, 2021, agglomérat de phares automobiles sur caisson en suspension. Mais les sons restent muets (Silent recording, 2020), les phares délivrent un message que seul le titre éclaire (Out of Sight, 2021), le toucher est réfréné (My Little Underground, 2004), la danse immobile (My Uncertain Point of Convergence, 2020). Plutôt que restituer un univers dicible, la dimension synesthésique volontairement contrariée livre des fragments de l’artiste, ses états d’âme, ses espoirs déchus mais aussi ses victoires tour à tour mis à nu par la fragilité des matériaux réemployés et l’autorité factice de certaines installations. Mêlant ready-mades détournés et art sémantique, l’exposition Encodage peut être perçue comme une Vanité contemporaine à grande échelle où la charge subversive, corollaire indispensable aux mots de Bruno Rousseaud, se meut en une émotion guidée par la fuite du temps, celle d’une urgence à combler à laquelle seul l’art peut remédier.
Cécile Godefroy
|
|